Le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens fut progressivement accompli au début du XIXe siècle. La découverte de la Pierre de Rosette, comportant une inscription en trois écritures différentes, fut déterminante pour réussir le déchiffrement. Le secret des hiéroglyphes fut percé par Jean-François Champollion, s’appuyant sur les travaux d’autres chercheurs, notamment ceux de Thomas Young. Ce déchiffrement fructueux avait été précédé par une longue période durant laquelle les hiéroglyphes étaient faussement perçus en Europe comme étant de purs idéogrammes. Le terme hiéroglyphes fait référence au système d’écriture utilisé par les anciens Égyptiens. Il est composé de signes graphiques, gravés ou peints, représentant d’innombrables figures réelles, hommes, animaux, plantes, objets, plus ou moins stylisés, et leurs actions.

Étymologie

Le terme hiéroglyphique vient du latin hieroglyphicus, dérivé à son tour du grec hieroglyphikós, ou signes sacrés gravés, composé de l’adjectif hieròs, qui signifie sacré et du verbe glýphō, qui signifie graver.

Champollion et la pierre de Rosette

La clé exacte qui a permis de décoder les hiéroglyphes a été découverte par l’archéologue et égyptologue français Jean François Champollion. Sa brillante intuition est exposée pour la première fois à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres à Paris. Fondamentale fut la découverte de la pierre de Rosette, une dalle de granodiorite : une roche semblable au granit portant un décret du souverain égyptien Ptolémée V Epiphane, écrit en 3 langues différentes : hiéroglyphique, démotique et grec. Grâce à sa connaissance de la langue copte, Champollion a trouvé la correspondance entre le texte écrit en démotique, semblable au copte et le texte grec et, par la suite, il en a déchiffré le hiéroglyphe.

Les découvertes de Champollion

Le tableau de correspondance entre les signes des trois écritures de la stèle de Rosette, élaboré par Champollion, réfute les anciennes hypothèses qui considéraient le hiéroglyphe comme un type d’écriture uniquement figuratif. En fait, étant les seuls chiffres inadéquats pour exprimer la complexité du langage, par exemple les concepts abstraits et la localisation d’un événement dans le temps, Champollion a révélé que les hiéroglyphes représentaient également des caractères phonétiques et il a présenté son compte-rendu du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens qui contenait également la première liste des pharaons avec leurs années de règne respectives. Champollion a exposé le système de l’écriture égyptienne, composé de signes phonétiques et idéographiques : les signes phonétiques sont les signes indiquant une consonne, auxquels s’ajoutent les signes indiquant deux ou trois consonnes ; les signes idéographiques, en revanche, indiquent directement le chiffre représenté. En l’honneur de Champollion, le musée Champollion a été inauguré à Figeac, sa ville natale, où il est possible de retracer les étapes de sa vie et de son œuvre, ainsi que l’histoire de l’écriture dans le monde, de sa naissance à l’invention de l’alphabet et du livre, du parchemin à l’informatique. Son nom a également été donné à un cratère à la surface de la Lune. Les découvertes sur l’Egypte et les hiéroglyphes antérieures aux recherches de Jean-François Champollion ont permis la mise en place de toutes les conditions nécessaires au déchiffrement de l’égyptien pharaonique et de son écriture, les hiéroglyphes. Champollion a rapidement l’intuition de l’intérêt du copte pour parvenir jusqu’aux hiéroglyphes : son goût pour les langues orientales et l’étymologie des mots n’est pas pour rien dans cette certitude. Néanmoins, si en 1822, les hiéroglyphes sont déchiffrés, les subtilités de la langue ne sont pas encore bien cernées par Champollion. En effet, les hiéroglyphes ne sont pas une écriture purement alphabétique, idéographique ou syllabique. Chaque signe de l’écriture peut représenter à la fois une lettre, une syllabe ou une idée ou bien les trois à la fois. D’où la difficulté pour déchiffrer cette écriture, mais aussi pour en établir les règles de grammaire et de syntaxe. La trouvaille de Champollion a permis d’apporter de nouvelles connaissances sur l’Histoire de l’Egypte antique. Les textes qui sont arrivés jusqu’à nous peuvent être exploités, ce qui diversifie les sources pour faire l’Histoire de l’Egypte.