De 1871 à 1915, les attachés militaires français en poste à Rome analysèrent dans plus d’une centaine de rapports adressés au ministère français de la Guerre, le rôle dissuasif et répressif de l’armée italienne, chargée de maintenir l’ordre politique, social et dynastique dans les villes. Témoins privilégiés, ils montrèrent les défauts et les qualités d’une armée confrontée aux mêmes difficultés que l’armée française, sans éviter toutefois de formuler des critiques sévères, parfois injustifiées. Retrouvez la collection des livres ou livre de poche qui raconte cette belle histoire. 

Bersaglieri : brève histoire

Quand, en 1786, le capitaine Celestino Ferrero, 32 ans, marquis de Marmora, épousa la marquise Raffaella Argentero di Bersezio, 16 ans, il n’imaginait certainement pas que 16 enfants naîtraient de cette union ; et encore moins que quatre d’entre eux atteindraient le grade de général des forces armées et qu’ils graveraient le nom de la famille de façon indélébile dans l’histoire de leur patrie : Carlo Emanuele, né en 1788, qui sera l’aide de camp de Carlo Alberto ; Alberto, né en 1789, qui sera commandant de la Sardaigne et ensuite sénateur ; Alfonso, né en 1804, qui sera gouverneur de Naples et de Milan, ainsi que chef du gouvernement et Alessandro, né en 1799, qui représentait une combinaison optimale entre la passion scientifique et l’art militaire, avec les résultats. 

Il constate qu’après l’expérience napoléonienne, l’armée piémontaise est affaiblie, plus dévouée aux soins de l’extérieur qu’à la préparation militaire, tandis qu’il ressent le besoin d’une infanterie légère composée d’unités entraînées à se déplacer avec agilité et en ordre dispersé le long des frontières montagneuses et hostiles du royaume ; bref, il faut des soldats entraînés à se déplacer toujours et uniquement au rythme de la course. Tout en étudiant la meilleure façon d’obtenir des rayons bataillons légers et rapides, donc habitués à des mouvements rapides et constitués de tireurs d’élite, il réfléchit également à un fusil répondant aux exigences de maniabilité, de légèreté, de polyvalence et de précision, en développant lui-même, dans des ateliers improvisés, des pièces et des prototypes.

Les stratégies qui ont été mis en place

En 1835, le capitaine La Marmora prépare et présente au roi Carlo Alberto le fruit de ses études sous la forme d’une “Proposition pour la formation d’une compagnie de Bersaglieri et d’un modèle de mousqueton à son usage”. Il est réconforté par l’avis du ministère responsable, qui produit un rapport dans lequel il souligne l’opportunité de créer un corps de bersaglieri ayant pour mission de “mener une petite guerre, d’avant-garde ou d’exploration, de flanquer, d’infester les communications et les convois ennemis, Aller dans des sites montagneux pour découvrir des pistes faciles même à la frontière”, le roi crée officiellement le 18 juin 1836 le corps des Bersaglieri, en plaçant sous son commandement Alessandro La Marmora, major des Grenadiers, qui, quelques années plus tard, le promeut lieutenant-colonel dans un crescendo qui le mènera au rang de général.

Le nouveau Corps, qui se composait initialement d’un état-major général et de deux compagnies, était en 1839 constitué d’un bataillon entier. Dans les années 1848-49, les bataillons sont devenus d’abord deux, puis cinq et enfin huit. En 1850 il y en avait neuf, en 1852 douze, puis 16, jusqu’à sa formation maximale, soit 27 bataillons dans les années 1859-60. La première utilisation au combat a eu lieu le 8 avril 1848, à Goito, et déjà à cette circonstance le commandant La Marmora a démontré l’audace de ses bersagliers qui ont réussi à avoir raison de l’ennemi. La Marmora lui-même fut gravement blessé à la mâchoire, mais le sacrifice fut peu de chose en comparaison de la grande satisfaction reçue par ses hommes : à partir de ce moment, le bersaglieri devint une pièce caractéristique de l’armée piémontaise et plus tard de l’armée italienne.

La guerre de Crimée offre une nouvelle fois aux Bersaglieri la circonstance de se distinguer : la participation du Piémont aux hostilités, aux côtés de la France et du Royaume-Uni, contre la Russie, voit le déploiement d’un Corps Expéditionnaire sous le commandement du général Alfonso La Marmora qui, à son tour, offre le commandement de la 2e Division, composée de 5 bataillons de Bersaglieri, à son frère Alessandro qui s’embarque avec ses hommes le 5 mai 1855. Quelques mois plus tard, une épidémie de choléra éclate parmi les troupes : si à la fin du conflit les pertes sur le terrain s’élèvent à 26 soldats et 13 officiers, celles causées par la maladie seraient de 1288 soldats et 54 officiers parmi lesquels, malheureusement, il y a aussi le général Alessandro La Marmora qui meurt dans la nuit du 6 au 7 juin 1855. Mais le Corps qu’il a créé est maintenant capable de marcher avec ses propres jambes et même dans ce cas, en fait, il sait se distinguer en apportant une contribution précieuse à l’obtention de la victoire dans la bataille de Cernaia, le 16 août suivant.

Touchant reste le souvenir du jeune lieutenant des bersaglieri Carlo Prevignano qui, frappé à mort, trouve la force de crier à ses compagnons des mots d’exhortation et d’encouragement à ne pas abandonner. Elle a été suivie par les batailles de la seconde guerre d’indépendance italienne, des batailles de Palestro et Vinzaglio les 30 et 31 mai 1859, Magenta le 4 juin jusqu’à la bataille finale de S. Martino le 24 juin 1859. Après un demi-siècle, les Bersaglieri furent à nouveau employés dans le conflit en Libye, en 1911-12 et, immédiatement après, dans la première guerre mondiale (Monfalcone, Bainsizza, Iamiano, Piave, Vittorio Veneto), dans laquelle ils écrivirent des pages indélébiles d’héroïsme et de gloire. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, pas moins de 12 régiments de bersaglieri ont été déployés et ont combattu sur tous les fronts. Enfin, ils ont participé à la guerre de libération avec les 29e, 32e et 51e bataillons.

Toujours et partout, ils se sont distingués par leur audace et leur valeur, même si “les bersaglieri de La Marmora”, comme on les appelait à la naissance du corps, restent le symbole de l’épopée du Risorgimento. Mais encore aujourd’hui, avec toutes les réserves que les consciences ont mûries à l’égard des armes et de la guerre, quand dans un défilé ces soldats qui avancent en courant avec les plumes de leurs chapeaux dans le vent, avec une douzaine de trompettistes à la tête qui, malgré la course, parviennent à donner du souffle à leurs instruments, il est difficile de ne pas être pris par un frisson d’émotion. “Ils vont vite et léger quand ils défilent dans un drap, quand le vent sur le chapeau fait flotter les plumes”, de la chanson “Flik Flok”. Aujourd’hui, les soldats visés sont dans l’infanterie mécanisée et sont utilisés en soutien des unités blindées.

Le 1er régiment de bersagliers : historique

C’est une unité de l’Armée de terre italienne basée à Cosenza. Le régiment fait partie de la brigade de bersagliers « Garibaldi ». Il a pour devise : Ictu impetuque primus. Le 1er juin 1836, est constituée par décret royal la 1re compagnie de bersagliers sous le commandement du général Alessandro La Marmora. Cette compagnie, la première du Corps, est considérée comme le noyau originel du 1er régiment de bersagliers. Le 1er régiment de bersagliers est constitué à Coni le 31 décembre 1861, regroupant les 1er, 7e et 9e bataillons de bersagliers préexistants. Ces bataillons avaient déjà participé valeureusement à la première guerre d’indépendance (1848-1849), à la guerre de Crimée (1855), à la deuxième guerre d’indépendance (1859), à la campagne pour la libération de la Lombardie et de l’Ombrie et à la lutte contre le brigandage (1860-1861). Le 1er régiment de bersagliers participe à la troisième guerre d’indépendance (1866) et fournit hommes et moyens pour l’expédition d’Érythrée (it) (1887-1888 et 1895-1896) et pour la guerre en Libye) (1911-12).

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, le 1er régiment de bersaglier, à l’exception du bataillon cycliste, est stationné en Libye d’où il revient pour participer à l’ultime phase des opérations dans le nord-est de l’Italie, donnant naissance, avec ses 3 bataillons, à autant de divisions d’assaut décorées de 2 médailles d’argent de la valeur militaire et 2 médailles de bronze. En 1935-1936, il fournit encore des hommes et des moyens pour les opérations en Éthiopie et, en 1939, il envoie le 1er bataillon en Albanie. Durant la Seconde Guerre mondiale, le 1er bersagliers est engagé, tout d’abord sur le front occidental (1940), puis, dans les Balkans et ensuite en France méridionale. Dissous à en Italie en septembre 1943, il est reconstitué à Rome en 1953. Dès lors, le régiment, plusieurs fois reconfiguré à la suite de diverses ordonnances, est transféré à Aurelia (1958) et participe aux opérations de secours au populations à l’occasion des inondations de Florence (1966), de Civitavecchia (1980), et du séisme en Irpinia (1980). Il participe encore aux opérations pour le contrôle du territoire en Sardaigne (Forza Paris (it), 1992) et en Sicile (Vêpres siciliennes (it), 1992-98) et est intervenu au secours des populations après le tremblement de terre en Ombrie et dans les Marches (1997).

Le 1er janvier 2005, à la suite d’une mesure de réorganisation de l’Armée de terre italienne, le 18e régiment de bersagliers de Cosenza (l’une des premières unités à être professionnalisées et possédant une expérience majeure dans le domaine opérationnel de l’Armée de terre italienne) prend le nom du 1er régiment de bersagliers au sein de la brigade de bersagliers « Garibaldi ». Depuis le transfert à Cosenza, le 1er régiment a participé d’abord, en 2005, avec deux de ses compagnies (2e et 5e), puis de mai à décembre 2006, en totalité, à l’ultime phase de l’opération Antique Babylone (it) en Irak. En 2007, le 1er bersaglier a participé avec une unité du niveau d’une compagnie à la mission FINUL au Liban (2e cp) et FIAS en Afghanistan (35e, 1re et 3e cp).

Le plus beau des bersagliers de Charles Exbrayat : le résumé du livre

À Turin, Nino Regazzi, bersaglier dans l’armée italienne, est surtout connu pour son physique avantageux. Et il en brise des cœurs, Nino. Mais à trop jouer de son pouvoir de séduction, il attise jalousies et rancœurs. Aussi personne n’est surpris quand les agents découvrent son cadavre pendant une de leurs rondes. Le plus beau des bersagliers avait beaucoup d’ennemis et les pistes sont nombreuses. La police piétine, mais que le coupable ne se réjouisse pas trop vite car Roméo Tarchinini, le célèbre commissaire véronais, est de passage pour effectuer un stage. Au risque de passer pour caricatural, Tarchinini est le héros italien par excellence : bon vivant, exubérant, sentimental… Voilà un commissaire qui déteste la violence, voue une passion à sa femme Giulietta et pense que tous les crimes sont passionnels. Pour un Italien, en effet, pourquoi tuer si ce n’est par amour ? Vous pouvez commander et acheter des livres de poche sur AMAZON selon la disponibilité de stock

Charles Exbrayat : l’auteur

Charles Exbrayat de 1906 à 1989 qui est l’auteur de ce livre racontant la biographie bersaglière, est une figure emblématique du roman policier français. Il a écrit plus de cent livres de romans dont certains ont été adaptés au cinéma et à la télévision, notamment la série Imogène. Exbrayat fut également journaliste et scénariste. Il a obtenu le Grand Prix du roman d’aventures en 1958 dont certains ont été adaptés au cinéma et à la télévision. Après le baccalauréat passé à Nice où habitaient ses parents, Exbrayat se préparait sans enthousiasme à devenir médecin mais, exclu de la faculté de Marseille pour chahut notoire, il échappa à l’École de Santé de Lyon et se tourna vers les sciences naturelles à Paris où il enseigna en potassant l’agrégation. Il fit ses débuts d’auteur dramatique à Genève avec Aller sans retour, poursuivit sa carrière à Paris (Cristobal, Annette ou la chasse aux papillons) et publia deux romans. Journaliste après 1945, scénariste (une quinzaine de films), il aborda bientôt le roman policier avec Elle avait trop de mémoire (1957). Vous souvenez-vous de Paco ? obtint le Grand Prix du roman d’aventures en 1958. Charles Exbrayat s’illustra ensuite dans le roman policier humoristique avec une réussite constante et des créations de personnages attachants. Il fut directeur du Club du Masque. Plusieurs de ses livres et romans ont été adaptés au cinéma. Il a été, entre autres, le créateur du personnage d’Imogène et le narrateur de ses aventures. Le centenaire de Charles Exbrayat a été célébré le 5 mai 2006, à la mairie de Saint-Étienne. Un prix Charles-Exbrayat a été créé pour récompenser chaque année un roman policier paru dans l’année et « qui aurait plu à Charles Exbrayat ». Le jury est composé de lecteurs de communes où Exbrayat a vécu (Saint-Étienne, Tarentaise et Planfoy, dans la Loire). Le Prix Charles-Exbrayat est attribué lors de la Fête du Livre de Saint-Étienne.