L’histoire de l’Inde est très ancienne. En fait, les premières cultures dans la vallée de l’Indus remontent à 5000 ans avant J.-C., ce qui a permis de développer les premiers établissements organisés et les premières villes comme Harappa. Cependant, de nombreuses villes qui se sont élevées dans la vallée de l’Indus sont tombées en déclin vers 1700 avant J.-C., en raison de l’invasion d’un peuple appelé Arii, un peuple nomade qui adorait un certain nombre de dieux et de déesses, qui avait produit une riche variété de preuves écrites appelées Vega, datant plus ou moins de 1500 avant J.-C. et définissant le type de religion que les Ariens professaient. Depuis 1947, l’histoire de l’Inde est dominée par des conflits répétés avec le Pakistan (les trois guerres indo-pakistanaises de 1947-1949, 1965 et 1971), par la domination intérieure du Parti du Congrès (ancien parti de Nehru et Gandhi), et par des tensions religieuses récurrentes entre hindous et musulmans (émeutes de 1992 et de 2002).

Préhistoire

Les premières colonies d’humains modernes en Inde sont estimées à des dates entre 60 et 70 000 ans. Les plus anciennes traces humaines trouvées en Asie du Sud remontent à environ 30 000 ans. Au début de l’Holocène, l’Asie du Sud est un continent de chasseurs-cueilleurs. Autour de 7 000 av. J.-C., la première installation néolithique apparaît sur le sous-continent à Mehrgarh et dans d’autres sites dans l’ouest du Pakistan. Pendant et après la période néolithique, les agriculteurs dominent la terre, en particulier les vallées fluviales fertiles.

Civilisation de la vallée de l’Indus

L’Inde connaît une civilisation continue depuis le xvie siècle av. J.-C., depuis que les habitants de la vallée de l’Indus ont développé une culture urbaine fondée sur l’agriculture et le commerce par mer et peut-être par terre avec la Mésopotamie.

Civilisation védique

Cette période est particulièrement mal connue et reste sujette à débats. Durant le IIe millénaire av. J.-C., des tribus de pasteurs parlant une langue indo-européenne envahissent le sous-continent à partir du nord-ouest. En s’installant dans la vallée gangétique, elles assimileraient les cultures précédentes. Cette hypothèse est confirmée par les études génétiques les plus récentes (2017). C’est durant cette période de l’histoire de l’Inde que les textes hindouistes canoniques, tels que les quatre védas, les Brāhmaṇas, les Āraṇyaka et les Upaniṣad sont composés en sanskrit védique, une forme du sanskrit. La culture associée à cette période, parfois désignée comme la civilisation védique, se développe au nord et au nord-ouest du sous-continent indien. La civilisation indienne classique est ainsi fédérée par l’usage du sanskrit qui détermine une aire spatiale et temporelle où l’on emploie le sanskrit comme langue de culture.

Antiquité et Moyen Âge indien

La fin de la période védique est caractérisée par le renouvellement de la mythologie. La divinité est maintenant adorée sous des formes diverses selon les deux grandes écoles de l’hindouisme : le shivaïsme et le vishnouisme. L’apparition du bouddhisme au VIe siècle avant l’ère chrétienne introduit en Inde une religion de délivrance et de charité. La prédication de Bouddha peut se développer sans rencontrer de trop fortes résistances dans une société où l’emprise du brahmanisme n’est pas encore aussi étendu ni le système des castes aussi rigide qu’il le deviendra par la suite. Contemporain du bouddhisme par son fondateur historique, le Mahâvîra, le jaïnisme implique comme celui-ci le rejet du système des castes et de la domination des Brahmanes. Politiquement, au cours du iiie siècle av. J.C., le royaume de Magadha annexe ou réduit d’autres États pour émerger comme entité principale parmi les différents royaumes qui occupent l’espace de l’Inde ancienne. Il est également le berceau de l’Empire Maurya (321 à 185 av. J.-C.) qui parvient à contrôler la totalité du sous-continent à l’exception de l’extrême sud, tout en laissant de grandes zones autonomes. Les rois maurya sont connus pour la construction de leur empire et pour leur gestion de la vie publique, notamment Ashoka qui renonce au militarisme et propage le dharma bouddhique. La conquête d’Alexandre le Grand (franchissement de l’Indus en 326) introduit dans l’histoire indienne la première donnée chronologique sûre par référence à l’historique grecque. Dans le morcellement territorial qui fait suite à la mort d’Ashoka, les royaumes indo-grecs qui dominent le Pendjab et le Saurashtra maintiennent le lien entre la Méditerranée et le monde indien. Le sanskrit devient la langue officielle des États indiens avec le prâkrit. Parmi les diverses invasions du début de l’ère chrétienne, une réussit et crée l’Empire kouchan, un vaste État qui s’étend du Tadjikistan à la mer Caspienne et à l’Afghanistan et, vers le sud, à la vallée du Gange. À son apogée, sous le règne de Kanishka se crée une première route de la soie entre l’Empire des Han et la Méditerranée romaine. Kanishka est également un protecteur du bouddhisme et la disposition géographique de son empire permet le passage du bouddhisme mahāyāna grand véhicule  en pays chinois. La carte politique de l’Inde antique et médiévale est composée de royaumes innombrables aux frontières fluctuantes. Aux ive et ve siècles, le nord de l’Inde est unifié sous la dynastie des Gupta. Cette période est considérée en Inde comme un âge d’or, la civilisation hindoue ayant atteint un apogée inconnu jusqu’alors. Considéré comme un Empire en raison de son étendue et de sa puissance, l’Empire des Gupta s’avère peu centralisé. Du point de vue religieux, l’époque est marquée par la cohabitation du brahmanisme (qui se transforme en hindouisme) et du bouddhisme, ce dernier connaissant alors son dernier éclat en Inde, avant de connaître un reflux face au premier. On ignore si l’Empire Gupta succombe sous les coups des Huns ou du fait de forces internes de dislocation. L’idée d’un Moyen Âge indien succédant à l’Antiquité est essentiellement un décalque superficiel de l’histoire occidentale appliquée à l’inde.

Période indo-musulmane et affirmation de l’hindouisme

Leur religion marque la naissance de l’hindouisme, qui définit et justifie la civilisation indienne et démontre sa profonde et ancienne intégrité qui, contrairement à d’autres civilisations, a été préservée jusqu’à nos jours. L’hindouisme est une religion complexe composée de nombreux dieux et déesses en position hiérarchique et encore aujourd’hui, bien qu’ils ne soient pas tous vénérés par les Indiens. La religion a imprégné la société, la constituant en hiérarchies précises et insurmontables. Dans le peuple Arii, le roi, au sommet de la hiérarchie, avait une aura divine et après la mort, il devenait un dieu et régnait sur les castes les plus basses. Ce système de castes, devenu par la suite très rigide, est toujours présent dans l’Inde moderne. L’hindouisme n’était pas et n’est pas la seule religion en Inde ; en 500 avant J.-C., le bouddhisme et le jaïnisme sont apparus, qui avaient certains thèmes en commun avec l’hindouisme, comme la réincarnation ; cependant, l’hindouisme est resté la religion la plus populaire. La conquête musulmane débute en 712 avec la prise du Sind par Muhammad ibn al-Qasim qui l’établit comme sa base stratégique. Les hindous obtiennent la liberté de pratiquer leur religion en payant la taxe nommée jizya. La poursuite de l’invasion dans le Nord de l’Inde échoue pendant trois siècles face aux troupes des rois hindous. Les royaumes hindous de la plaine gangétique sont morcellés. Deux pays apparaissent dans l’histoire vers le VII-VIIIe siècles : le Népal et le Cachemire. Le Dekkan demeure hors d’atteinte des expéditions musulmanes. La dynastie Chalukya règne sur une grande partie de l’Inde du Sud et centrale entre le VIe et le XIIe siècle. Le Sud dravidien est tout aussi morcelé que les pays du Nord. D’un point de vue culturel, il n’existe aucune coupure entre la civilisation de l’Antiquité et celle dénommée pour des raisons pratiques Moyen Âge. On observe seulement une transformation progressive de l’art, de la pensée et de la vie religieuse.

Composition politique de l’Inde

L’Inde a toujours été composée d’une constellation de petits royaumes, mais périodiquement un roi a réussi à les unir sous un seul empire, comme Chandragupta Maurya qui a régné de 321 avant J.-C. à 297 avant J.-C. depuis le Bengale occidental. Son règne a englobé la partie nord du sous-continent indien, y compris l’Afghanistan et l’Assam comme frontières extrêmes à l’est et à l’ouest. Dans la partie sud, cependant, la frontière était le plateau du Deccan. Son petit-fils, Ashoka, qui a régné de 272 à 232 avant J.-C., a réussi à organiser les territoires de son grand-père Chandragupta en un empire organisé et centralisé à partir duquel ont été édictés des lois et des préceptes que tout le monde devait respecter. Grâce à ce souverain et à son prestige, le bouddhisme pénètre plus rapidement en Inde et acquiert de nombreux adeptes. La dynastie des Maurya a connu un déclin progressif et naturel. Après une période de transition et de fragmentation du pouvoir, ce sont les Guptas qui ont gouverné un empire homogène au cours duquel ils ont donné une impulsion importante aux arts et aux sciences. Au VIIe siècle, c’est Harsha, souverain de la foi bouddhiste, qui régnait sur de vastes territoires, mais après sa mort, la fragmentation des royaumes a favorisé l’hindouisme et affaibli le bouddhisme, qui s’est au contraire considérablement développé dans des pays comme le Tibet, la Chine et le Japon.

Sultanat de Delhi

Aux xe et xie siècles, des Turcs et des Afghans envahissent l’Inde et établissent des sultanats. Du xie siècle au xve siècle, l’Inde du Nord est dominée par les sultans turco-afghans (sultanat de Delhi), et l’Inde méridionale par les dynasties hindoues Chola et du Vijayanagar. Durant cette période, les deux mondes, l’hindou dominant et le musulman conquérant  se mélangent et connaissent des influences culturelles croisées. Dans la majeure partie de l’Inde, l’hindouisme élimine peu à peu les communautés bouddhistes et jaïnistes qui avaient longtemps bénéficié de la faveur des souverains sans pour autant parvenir à gagner un enracinement suffisant dans la foi et les pratiques populaires. Le jaïnisme se maintient principalement au Gujarat. Le bouddhisme se restreint à Ceylan et aux hautes régions de civilisation tibétaine. L’hindouisme prend un aspect beaucoup plus mystique désigné sous le terme de bhakti ce qui rend les cultes religieux beaucoup plus accessibles à la masse des fidèles. Se développent les cultes de Krishna et de Radha.

La période marathe.

Comme son nom l’indique, l’Empire marathe, sursaut hindouiste contre le pouvoir des Moghols, trouve son origine dans la région qui forme maintenant l’État du Maharashtra. Au xviie siècle, Shivaji dirige une rébellion contre l’empire Moghol. Sous son règne et sous celui de son fils Sambhaji, le territoire marathe s’étend sur la vallée du Gange et une grande partie de l’Inde centrale. Après la mort de Shivaji, Aurangzeb marche sur le Dekkan avec l’intention d’en finir avec l’Empire marathe. Neuf années de guerre s’ensuivent qui s’achèvent par la capture de Sambhaji et sa mise à mort. Son frère cadet, Rajaram, lui succède et cherche à venger la mort de son aîné durant les dix années qui suivirent, jusqu’à sa propre mort. Sa veuve déplace la capitale de l’empire à Kolhapur et continue son combat.